Le projet.

J’ai traversé l’âge adulte en étant deux choses. La conjointe, pour une partie importante. L’écrivaine, pour tout le reste. Mon désir de devenir mère remonte aux premièrs balbutiemments de ma relation avec lui. Mais, alors, j’avais tout à vivre d’apprendre à nous connaître. J’ai passée la vingtaine à l’école de la vie. Aujourd’hui, j’ai passé trente ans. Avec Lui, nous avons pour de bon le désir de faire une place dans ce monde pour un nouvel humain. Un enfant, d’abord, qui sera notre responsabilité la plus importante, et surtout un être complet qui deviendra grand et beau. Je cherche ici les mots pour dire l’universel de cette histoire. En n’oubliant pas ce qu’elle a d’unique. Au fil de ces lignes je note une chose qui précède le début. La mère en moi à l’heure où ce projet prend forme, celle qui connaîtra peut-être les joies et les difficultés d’être parent, insiste sur l’origine de ce voyage. C’est du père dont je veux parler. De cette aventure extraordinaire au cours de laquelle moi et lui sommes devenus amoureux puis amis, avant d’envisager les rôles de parents. Et surtout, à travers ma plume, je grave cette idée sur laquelle repose ma propre existence. Avec toutes ses possibilités et ses surprises, dans tout ce qu’elle a d’opportunités.

Nous n’en avons pas débattu.  Nous nous fréquentions à l’époque. Nous étions proches et amoureux. L’idée, il me l’a présentée  comme allant de soi. Il est mon meilleur ami, le seul qui puisse sans mentir prétendre me connaître. C’est encore l’humain que j’estime le plus;  j’ai confiance… Le projet est de devenir parents ensembles. Il s’agit pour nous deux de lier nos existences à jamais. Il m’est facile de croire que je ferai une meilleure mère avec lui.  Notre vie, celle à deux et celle où nous existons par rapport aux autres, je l’aime pour sa différence. Depuis, nous avons étés à la fois chanceux et toujours en marge. Il n’y a rien eu qui ait à voir avec la routine. C’est pourquoi, pour une une fois, deux meilleurs amis planifient un projet bizarre. Celui de devenir parents. Dans la joie et accompagnés de l’inébranlable idée de donner. À quinze ans, je rêvais d’une relation amicale précieuse. J’imaginais l’amour comme on parle d’âme-soeur. Il y aura peu de gens qui nous serons présentés au cours de la vie, dans les mains desquelles on peut s’en remettre sans arrière pensée. Il ne faut pas les laisser filer sans leurs dire : C’est à toi que je fait confiance. Parce que où je faillis tu es fort.

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